Dépistage systématique du déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD) par mesure de l’uracilémie avant traitement par fluoropyrimidines

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Une note d'information du Ministère des solidarités et de la santé a été publiée le 19 mars 2019 visant à rappeler la nécessité de mesurer l'uracilémie chez les patients dont l'activité en DPD n'est pas connue, avant tout traitement par des fluoropyrimidines (5-FU, capécitabine).
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Le 5-Fluorouracile (5-FU) et sa prodrogue la capécitabine sont des fluoropyrimidines, médicaments très largement prescrits dans les cancers digestifs, les cancers du sein et les cancers ORL. En France, le nombre de patients traités en France par une fluoropyrimidine s’élève à environ 80 000 par an.  

Les fluoropyrimidines sont responsables de toxicités sévères chez 1 patient sur 5 et peuvent entraîner des décès (entre 1 patient sur 100 et 1 patient sur 1000).

Certaines toxicités sévères sont liées à un déficit d’activité partiel ou total en dihydropyrimidine deshydrogenase (DPD), principale enzyme permettant l’élimination de ces médicaments.

En février 2018, l’ANSM a préconisé la recherche systématique d’un déficit en DPD chez tout patient devant recevoir une chimiothérapie à base de fluoropyrimidines.

En décembre 2018, l’INCa et la HAS ont recommandé la mesure de l’uracilémie avant la mise sous traitement par fluoropyrimidines, s'agissant de la seule méthode adaptée à l’identification des déficits complets en DPD (contre-indiquant généralement un traitement par fluoropyrimidines).

En pratique, la prise en compte de ces recommandations semble variable et hétérogène selon les établissements de santé.

Ainsi, la note d’information N°DGS/PP2/DGOS/PF2/PF4 du 19 mars 2019 propose des mesures concrètes à mettre en œuvre dans les services utilisateurs de fluoropyrimidines :

  • Prévoir l’intégration du dosage de l’uracilémie au cours de la réunion de concertation pluridisciplinaire si un patient doit recevoir une chimiothérapie comprenant une fluoropyrimidine
  • Actualiser les protocoles de chimiothérapies en y intégrant la réalisation d’une uracilémie chez tous les patients dont le déficit en DPD n’est pas connu
  • Respecter les conditions pré-analytiques et la technique des dosages recommandées
  • Inscrire systématiquement la mention « résultats uracilémie pris en compte » sur la prescription de 5-FU ou de capécitabine
  • Informer le patient que la mesure de l’uracilémie est faite à partir d’une prise de sang qui doit être réalisée rapidement afin que les résultats parviennent au clinicien au plus tard dans les 7 à 10 jours
  • Vérifier lors de la dispensation que la mesure de l’uracilémie a été réalisée et que les résultats ont été pris en compte par le prescripteur
  • Vérifier avant d’administrer qu’une mesure de l’uracilémie a été réalisée et que les résultats ont été pris en compte par le prescripteur

La prescription, la délivrance et l'administration d'une fluoropyrimidine sont subordonnées à l'obtention du résultat d'un déficit en DPD par mesure de l'uracilémie. Le prescripteur mentionne sur la prescription qu'il a tenu compte du résultta de ce dosage.

Cette note d'information est à destination des prescripteurs de 5-FU et de capécitabine (oncologues, cancérologues, hématologues), des biologistes médicaux, des pharmaciens de PUI, des pharmaciens d’officine et des infirmiers chargés de l’administration de ces médicaments.

L’inscription du dosage de l’uracile plasmatique sur la Nomenclature des actes de biologie médicale devrait être effective à la fin du 1er semestre 2019.