Deux bithérapies d'anticorps monoclonaux disponibles dans la COVID-19

Actualité

Quatre anticorps monoclonaux (2 bithérapies) ont obtenu une ATU de cohorte dans le traitement des formes symptomatiques légères à modérées de la COVID-19 chez les adultes ayant un test virologique de détection du SARS-CoV-2 positif, et étant à risque élevé d'évolution vers une forme grave de la COVID-19.

BAMLANIVIMAB, anticorps monoclonal faisait déjà l'objet d'une ATU de cohorte, pour une utilisation en monothérapie avec une dose unique de 700mg. L'utilisation de cette monothérapie nécessitait d’être pesée au cas par cas avec un  isolement strict à l'hôpital. En effet, cette monothérapie peut favoriser la sélection des mutations.

Depuis le 15/03, BAMLANIVIMAB peut être utilisé en bithérapie avec 1400mg d'ETESEVIMAB (ATU de cohorte).

Une autre bithérapie associant CASIRIVIMAB et IMDEVIMAB à des doses de 1200mg, dispose également d'une ATU de cohorte.

L'administration de ces traitements doit se faire à l'hôpital dans les 5 jours suivant l'apparition des symptômes.

 

 

 

Les patients doivent répondre à des critères d'éligibilité qui sont précisés dans les MARS suivants :

 

 

 

 

Fiche admin bamlanivimab etesevimab
fiche admin casirivimab imdevimab
Fiche admin bamlanivimab etesevimab
fiche admin casirivimab imdevimab

Deux fiches pratiques pour l'administration des bithérapies ont été réalisées pour les professionnels de santé.

 

L'utilisation de ces anticorps monoclonaux nécessite un suivi virologique. Un test de criblage est obligatoire avant d’administrer le traitement dans les territoires où la circulation est supérieure à 10%. Ces territoires sont listés dans les points épidémiologiques du Grand Est sur le site de Santé Publique France. En effet, il y a une possible inefficacité de ces anticorps monoclonaux sur certains nouveaux variants.

Après l'administration d'une bithérapie à l'hôpital, les patients pourront retourner à domicile. Une visite à domicile avec RT PCR sera réalisée à J+7 de l'administration afin de repérer les échappements thérapeutiques.

En effet, la mutation E484K est péjorative pour l’activité de CASIRIVIMAB et de BAMLANIVIMAB , voire de l’association [CASIRIVIMAB et IMDEVIMAB] ou [BAMLANIVIMAB et ETESEVIMAB] et pourrait émerger sous traitement. Par rapport à une monothérapie, une bithérapie est susceptible de limiter le risque d’émergence de variants.

Suivi virologique à J7 :

  • en cas de valeur de la charge virale moyenne exprimée en CT inférieure à 31 ou d’absence de décroissance de la charge virale à J+7, un suivi virologique renforcé doit se mettre en place comportant un test par RT-PCR nasopharyngé et la recherche de variants.

Le calendrier des visites supplémentaires est à décider en collégialité entre cliniciens et virologues.

  • Si un variant porteur de la mutation E484K (ou d’autres variants selon les préconisations des CNR des virus respiratoires) est détecté, un protocole strict d’isolement du patient et de ses éventuels contacts doit être mis en place immédiatement selon les recommandations en vigueur.

Environ 1 mois après l’administration

Le prescripteur prévoit une visite sur site ou une visite par téléphone avec le patient et complète la fiche de suivi.

Les livraisons de ces bithérapies débutent à partir de la semaine 11 dans les établissements du Grand Est identifiés sur Sante.fr.

 

La Société de Pathologie Infectieuse de Langue française (SPILF) a publié un communiqué sur la place de ces combinaisons d'anticorps monoclonaux.

Aller plus loin

Infographie

Deux infographies ont été réalisées par le ministère des solidarités et de la santé pour présenter ces informations aux professionnels de santé et aux patients :