Prise en charge médicamenteuse en officine et missions du pharmacien

Article
Visuel
Pharmacie officine
Cette rubrique présente les nouvelles missions du pharmacien et l'amélioration de la prise en charge médicamenteuse en officine.
A ce titre, l’OMEDIT Grand Est participe à plusieurs projets, en collaboration avec l’ARS Grand Est et l’URPS Pharmaciens Grand Est.
Corps de texte

1. Définition et objectifs du BPM

Le Bilan Partagé de Médication (BPM) est défini par la Haute Autorité de Santé (HAS) comme "une analyse structurée des médicaments du patient par le pharmacien dans l'objectif d'établir un consensus avec le patient concernant son traitement, en ayant soin d’optimiser l’impact clinique des médicaments, de réduire le nombre de problèmes liés à la thérapeutique et de diminuer les surcoûts inutiles". Cette démarche impose de mettre en perspective le traitement du patient (issu du bilan de médication) en regard de ses comorbidités, d’éventuels syndromes gériatriques, de ses souhaits, et d’outils d’évaluations pharmacologiques comme ceux de détection de médicament potentiellement inappropriés".

Le BPM est réalisé par le pharmacien en partenariat avec le médecin, dans l'intérêt du patient. Il est gratuit et révocable.

Les objectifs du BPM sont de réduire le risque iatrogène, de répondre aux interrogations des patients sur leurs traitements et leurs effets, d'aider les patients dans l’appropriation et l’adhésion à leurs traitement et d'optimiser les prises de médicaments.

2. Cadre réglementaire

L’arrêté du 9 mars 2018 portant approbation de l’avenant 12 à la Convention nationale du 4 mai 2012, organisant les rapports entre les pharmaciens titulaires d’officine et l’Assurance maladie, entérine la mise en œuvre du bilan partagé de médication.

Il est accompagné en annexe d’un guide d’accompagnement des patients et des fiches de suivi validés par la Haute Autorité de santé (HAS).

3. Identification des patients éligibles et étapes du BPM

Les patients éligibles au BPM sont :

  • les patients de plus de 65 avec une Affection Longue Durée (ALD)
  • les patients de plus de 75 ans

avec au moins 5 molécules ou principes actifs prescrits et un traitement pour une durée supérieure à 6 mois avec une même finalité thérapeutique.

Le déroulement du BPM est résumé sur la Figure ci-dessous.

Etapes du BPM
Etapes du Bilan Partagé de Médication

 

4. Expérimentation en Région Grand Est

En 2017, une expérimentation a été menée en Lorraine dans le cadre des stages en officine des étudiants de 6ème année de la faculté de pharmacie de Nancy. Le bilan de cette expérimentation est disponible dans cette présentation :

5. Outils

La SFPC a publié en décembre 2017 une fiche mémo "Préconisations pour la pratique des bilans partagés de médication".

 

1. Fiches de bonnes pratiques

En novembre 2016, un arrêté relatif aux bonnes pratiques de dispensation des médicaments dans les pharmacies d’officine, les pharmacies mutualistes et les pharmacies de secours minières est venu encadrer la pratique de dispensation à l’officine.

Arrêté du 28 novembre 2016 relatif au bonnes pratiques de dispensation des médicaments dans les pharmacies d'officine, les pharmacies mutualistes et les pharmacies de secours minières

Ces nouvelles Bonnes Pratiques de Dispensation ont incité au développement de 2 fiches de prise en charge à l'officine avec et sans ordonnance (v2018) :

Parallèlement, des fiches de bonnes pratiques présentées sous la forme d'arbres décisionnels ont été créées. Elles ont pour but de constituer une aide à la prise en charge d'un patient l'absence d'ordonnance. Elles ont été rédigées par un groupe de travail constitué de pharmaciens et ont été validées par des pharmaciens et des médecins. Ces fiches seront très prochainement disponibles.

2. Médicaments à dispensation particulière disponibles à l'officine

Le site Meddispar, créé par le Conseil National de l'Ordre des Pharmaciens, est un site dédié aux médicaments à dispensation particulière disponibles à l'officine. Il est en accès libre et comprend des informations réglementaires relatives à la prescription et à la dispensation à l'officine des médicaments concernés :

1. Réglementation

L’expérimentation de la vaccination antigrippale en officine a pris fin le 1er mars 2019 (article 59 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2019). 

Depuis le 25 avril 2019, la vaccination fait partie des missions pouvant être exercées par les pharmaciens d’officine sur l’ensemble du territoire. Plusieurs textes parus au Journal Officiel le 25 avril 2019 précisent les modalités de mise en œuvre.

Décret n° 2019-357 du 23 avril 2019 relatif à la vaccination par les pharmaciens d'officine
Arrêté du 23 avril 2019 fixant la liste et les conditions des vaccinations que les pharmaciens d'officine peuvent effectuer et donnant lieu à la tarification d'honoraire en application du 14° de l'article L. 162-16-1 du code de la sécurité sociale
Arrêté du 23 avril 2019 fixant le cahier des charges relatif aux conditions techniques à respecter pour exercer l'activité de vaccination et les objectifs pédagogiques de la formation à suivre par les pharmaciens d'officine                    
Arrêté du 23 avril 2019 fixant la liste des vaccinations que les pharmaciens d'officine peuvent effectuer en application du 9° de l'article L. 5125-1-1 A du code de la santé publique
Article L. 5125-1-1 A du code de la santé publique fixant les missions et activités des officines

2. Démarche de réalisation

Pour pouvoir être réalisée, l'activité de vaccination doit être déclarée auprès du Directeur Général de l’Agence Régionale de Santé Grand Est en recommandé avec accusé de réception sous format papier à l'adresse suivante.

Elle doit comporter :

  • L’attestation sur l’honneur du pharmacien titulaire de conformité au cahier des charges, relatif aux conditions techniques à respecter ;
  • Les attestations de formation de l’organisme ou de la structure de formation des pharmaciens exerçant dans l’officine et souhaitant pratiquer la vaccination ; chaque attestation devra comporter les informations ci-dessous :
    • Mention attestant de la conformité aux objectifs pédagogiques définis par l’annexe de l’arrêté du 23 avril 2019 ;
    • Numéro d’enregistrement auprès de l’agence nationale du développement professionnel continu ;
    • Numéro d’enregistrement de l’action de développement professionnel continu concerné sur le site de l’agence susvisée tel que précisé dans le décret n°2019-357 du 23 avril 2019.

Remarque :

  • Pour les pharmaciens n'ayant pas suivi l’enseignement relatif à la vaccination dans le cadre de la formation initiale

Une formation répondant aux objectifs pédagogiques prévus dans le cahier des charges de l’arrêté du 23 avril 2019 et résumés dans ce document devra être suivie pour les pharmaciens n'ayant pas suivi l'enseignement relatif à la vaccination dans le cadre de la formation initiale.

  • Pour les pharmaciens ayant effectué une formation à la vaccination antigrippale avant le 23 avril 2019

Les pharmaciens ayant effectué une formation à la vaccination antigrippale avant la parution de ces textes devront s’assurer que cette formation est conforme aux objectifs pédagogiques et obtenir l’attestation correspondante.

A savoir :

  • La vaccination pourra commencer au retour de l’accusé de réception par l’Agence Régionale de Santé de la déclaration du pharmacien titulaire, et à partir de la future campagne de vaccination antigrippale.
  • Toute modification d’un des éléments de la déclaration doit faire l’objet d’une nouvelle déclaration selon les mêmes modalités.
  • Un mode opératoire sera mis à disposition avant la prochaine campagne vaccinale.

3. Protocole de vaccination (ARS Grand Est)

Une foire aux questions ainsi qu'un protocole de vaccination en officine ont été réalisés par l'ARS Grand Est, l'URPS Pharmaciens Grand Est et le Conseil Régional de l'Ordre des Pharmaciens Grand Est. Ces documents ont pour objectif de faciliter la mise en oeuvre de la vaccination antigrippale en officine.

 

La loi HPST a introduit dans les missions du pharmacien d’officine la possibilité d’être pharmacien référent pour un établissement dépourvu de PUI. Après une expérimentation de réintroduction du médicament dans le forfait de soins ainsi que la création de la mission de pharmacien référent, un rapport IGAS préconisait de généraliser la mise en place de pharmacien référent en EHPAD.

Dans le cadre du PRS 2, une expérimentation permettant de tester puis d’évaluer l’intérêt de la mise en place d’un pharmacien référent en EHPAD est en cours en région Grand Est depuis avril 2019.